Présence Vive
Journal

Quelle est votre clé ?

(Q) Comment faites-vous en méditation pour atteindre ce que vous appelez le coeur ? Comment faites-vous pour rejoindre rapidement ce Silence total ? Faites-vous des visualisations, des respirations profondes ou cela est-il spontané sans méthode particulière ? Quelle est votre clé pour ouvrir cette porte ? Je vous demande une chose qui vous est personnelle mais je pense que cela pourrait m’aider.
Depuis votre expérience d’ouverture, des choses ont-elles changé en vous ?
Merci pour votre réponse.

(R) Je me contente d’être à moi-même. Je n’applique pas de truc particulier. Je ne médite pas non plus. On peut définir cela comme « reposer en Soi ». Il y a une Présence spontanée en nous et nous sommes cela. Tenter de faire quelque chose pour cela, c’est l’ignorer.
Fermez les yeux et regardez, sentez comme vous “Êtes”…
Derrière l’opacité des paupières, une Présence spontanée, une ouverture, une clarté se tiennent là. Malgré vos pensées et vos émotions, elles demeurent et se révèlent comme l’espace qui les contient. Regardez encore comme cette présence n’a pas de début, pas de fin… Voyez comme elle se donne infiniment. C’est là le « je Suis » spontané, le don qui s’offre, le vivant jaillissant. C’est simplement « ce qui Est », « c’est Vous », le Vous immuable qui précède tout et dont toute votre existence dépend. Soyez simple… Soyez comme c’Est… accompagnez-vous… et la simplicité, votre nudité comme une évidence s’imposera.

Ce qui a changé pour moi, c’est que depuis que j’ai réalisé cela, je ne m’implique plus dans une méthode ou un « faire » spécial. Je suis la vie, je suis le vivant. Je suis « ce » ou « celui » qui Est. Je suis sans but particulier, mais pourtant à l’écoute du « désir », de la « soif » qui m’animent. Bien que je me sente comblé, en même temps la vie m’appelle. Elle me pousse en avant. Elle veut se dire en moi. Je me sens aimé et aimant à la fois. Ma vie est très proche de ce qu’elle était avant, seulement je ne me perds plus, je ne me prends plus au jeu. Bien que je vive comme tout le monde des situations agréables et désagréables, il demeure en moi une perspective, une ouverture. C’est comme un ciel qui m’enveloppe. Cela me donne un sentiment d’humour, de légèreté, qui éclipse les espoirs et les craintes.
DM

Billet publié par:

Denis Marie auteur de L'éveil ordinaire, le don du cœur

Commentaire (1)

  1. hervé

    Superbement dit, pur nectar.
Il me reste pourtant une croyance que je nourris encore: celle d’une attente d’un moment axial M, durant lequel la vision du monde bascule définitivement dans Ce qui est . Le vertical rencontre le temps horizontal.
Tous les “maîtres d’advaita” ont eu leur moment M: vous à l’hopital, UG sur un banc en Suisse, Ramana à 16 ans, Nisagardatta à la mort de son gourou, Balsekar lors d’une traduction de Nisagardatta, Tony Parsons dans un parc, Harding en regardant le ciel au pied des Himalaya, Papaji en rencontrant Ramana, Gangaji et Isaac Shapiro en rencontrant Papaji,…
Tout est là et tout a toujours était là, rien de plus, rien de moins, j’ en suis convaincu. La Vérité est simple, dans cette détente, cet espace qui accueille ce qui est, mais si je suis entiérement honnête avec moi-même il y a souvent encore en moi une attente d’un moment M, attente qui m”éloigne illusoirement de ce qui est toujours là.
Donc l’accueil de cette attente se fait, mais elle ne disparait pas entiérement.
Merci pour votre superbe site.
    hervé

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