Présence Vive
Contemplation

S’adandonner à notre Nature

Contempler provient du fait de se donner une détente naturelle et entière.
Comment obtient-on cette détente ?
Il ne s’agit pas de créer un “état” de relaxation, mais de prendre appui, d’adhérer franchement, “corps-esprit”, au vivant de l’instant.
De par notre appartenance à ce monde, nous sommes corps-esprit, mais c’est comme s’ils étaient désynchronisés.
L’exemple que je donne généralement est celui d’apprendre à nager, ou à tenir en équilibre, ou encore à danser.
Contacter le “tel que c’est” et se laisser porter par l’êtreté, comme si l’on faisait la planche sur l’eau.
Relâcher la saisie de “soi”, l’idée de “moi”, pour se retrouver à flotter sans procuration, directement, ici, sur la Présence.
La clé c’est de faire confiance… de s’en remettre…
Aussi, dites-vous que c’est “déjà fait”, que vous êtes “déjà arrivé” !
Le tout consiste à accepter la situation actuelle, plutôt que d’en espérer une “autre”, une “meilleure”.
Il n’y a pas à recréer un nouvel enjeu.
Nous ne nous abandonnons pas à “autre chose”, mais à notre propre Nature.
Il s’agit que le poing se détende, s’ouvre dans la main, “notre main”.

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Billet publié par:

Denis Marie auteur de L'éveil ordinaire, le don du cœur

4 Commentaires

  1. Nom d'utilisateur*vincent

    Que dire…rien, ce que tu dis est comme « un geste ou un acte » intérieur connu, parfois reçu, parfois expérimenté, vécu où rien d’autre n’est nécessaire !

    « Il n’y a pas à recréer un nouvel enjeu » – certes mais l’enjeu se recréait tout en étant vu se recréant. Les mots deviennent inutiles et pourtant ils sont lus.

    Il me semble qu’il y a là, une solitude absolue où rien ne peut répondre à rien.

    Il s’agit de la vie, la vie mystérieuse, inconnue mais dont l’apparence joue un jeu « dynamique » où on ne peut tricher avec les ressentis, ils sont là ! Qu’est-ce cela ? Je ne sais pas – mais ça se traverse, ça ne se fuit pas, ça ne se contourne pas et les mots sont impuissants car il s’agit de soi, de son aspect dynamique et cela se reconstitue d’instant en instant.

    Bien sûr cet instant lui-même le consume, mais ce « voyant » n’est pas la Vie, il est encore ce goudron qui colle aux ailes des oiseaux.

    Tu dis : « Relâcher la saisie de “soi”, l’idée de “moi”, pour se retrouver à flotter sans procuration, directement, ici, sur la Présence. La clé c’est de faire confiance… de s’en remettre…»

    Ho ! Mais cela « est entendu », « Confiance » oui c’est cette confiance qui relâche bien au-delà « de l’idée d’un quelqu’un qui relâche”, il y a une reconnaissance profonde qui à mon niveau « ne sait pas » mais la confiance demeure.

    Mais le processus qui est à l’œuvre, « œuvre » et cela n’appartient à personne !

    Cette dernière phrase « est ma question sans question » l’œuvre qui s’accomplit n’est-elle pas ce processus impersonnel où seule la confiance illumine la fascination du reflet », qui peut s’en remettre si ce n’est la fin du processus lui-même à travers cette confiance?

  2. Denis Marie

    Bonjour Vincent,

    L’absolu inclut le relatif, l’eau inclut tous les reflets, la plage inclut tous les châteaux.

    Si le personnage est de Nature absolue, le fait qu’il intervienne, intrinsèquement, n’est pas son œuvre. Ça ne l’a jamais été. Il peut donc être participant du “processus”. S’il y a un processus d’illusionnement ; la vérité continue d’être vraie. S’il y a un processus d’éveil ; la vérité continue d’être vraie. Nous ne nous sommes jamais réellement illusionnés, nous n’avons donc pas réellement besoin de nous éveiller, de continuer dans cette logique. Tout cela ne se situe qu’au niveau du mental.

    Le mental veut croire en une chose, puis dans une autre, etc. S’éveiller, ce n’est pas croire ou ne pas croire, ou croire différemment. C’est réaliser que tout ce qui arrive sur le plan du mental n’est pas réel. C’est de même nature que les reflets dans le miroir. Le mental n’est qu’une fonction de notre être. D’abord il y a l’Être, la Nature, de laquelle toutes les formes, tous les états, les fonctions découlent. La Nature vient “avant”, elle est primordiale. Elle est et demeure incréée.

    Je parle de “lâcher” et je m’adresse au personnage qui veut se délivrer de lui-même. Cependant, “lâcher” n’est pas le contraire de “saisir”. “Lâcher” c’est être honnête, “être en vérité”. Tout cela n’arrive pas vraiment… “Je” Est constamment, infiniment… Nous sommes arrivés parce que nous ne sommes jamais réellement partis ! Tout le reste n’est qu’histoire…

  3. Nom d'utilisateur*vincent

    Oui, et merci !

    Après avoir posé la question j’ai laissé la réponse venir et ce que tu dis est aussi ce qui s’est fait jour en moi.

    « Cependant, “lâcher” n’est pas le contraire de “saisir”. “Lâcher” c’est être honnête, “être en vérité”. »

    c’est ce que tu dis là qui m’est venu clairement ce « être honnête, vrai » car c’est déjà ce qui est là et n’a besoin de rien d’autre!

    Je te remercie cher Denis de cette écoute qui d’ici écoute ! de tout cœur.

  4. Nicolas

    Bonjour Denis,

    Votre approche résonne beaucoup avec le shikantaza du zen soto (juste s’asseoir) je trouve : s’abandonner au vivant, rompre avec toutes nos attentes, se tenir là tout simplement etc…Ne plus faire vivre le personnage comme vous dites.

    Dogen parle du zazen comme de la “pratique-réalisation” : l’éveil, c’est tout de suite!! Réaliser ou pas, la vérité est tjrs vrais comme vous dites.

    Merci encore. Vos textes sont inspirants.

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